La salle de la maison des jeunes de Toviklin a servi de cadre à la première session de reddition de comptes au titre de l’année 2026. Consacré à la thématique cruciale de l’« Accès des populations aux services d’État civil dans la commune de Toviklin », cet exercice de transparence a permis de dresser le bilan de la période 2023-2025, de mettre le doigt sur les goulots d'étranglement et de tracer de nouvelles perspectives.
Face aux élus locaux, aux agents communaux, aux chefs de village, aux représentants de la société civile et à une population fortement mobilisée, les autorités municipales de Toviklin ont joué la carte de la transparence. À tour de rôle, le Secrétaire Exécutif et les adjoints au Maire ont pris la parole pour mener un plaidoyer vigoureux. Ils ont particulièrement insisté sur l’importance souvent négligée par les citoyens des certificats de décès et des autorisations administratives connexes.
Le bilan 2023-2025 en chiffres : Le paradoxe des mariages et des décès
La présentation des données statistiques de l'état civil sur les trois dernières années (2023-2025) par le chef service État civil de la Mairie Olympe Djehounkè révèle des dynamiques contrastées au sein de la commune :
Naissances : 8 088 enregistrements ont été effectués, témoignant d'une relative vitalité de la déclaration des nouveaux-nés.
Décès : 226 enregistrements ont été comptabilisés sur la période. Un chiffre qui reste bas et qui cache probablement de nombreuses inhumations clandestines ou sans déclaration préalable.
Mariages : C'est la véritable chute libre. Les unions officielles sont passées de 12 à seulement 5 mariages en trois ans. Une situation qui préoccupe le conseil communal.
Saisissant cette occasion, le Maire de Toviklin, Eskil Tchikpè, a lancé un appel vibrant à l'endroit des leaders communautaires : « Soyez des ambassadeurs ! », a-t-il martelé à l'attention des élus locaux et des chefs de village, les invitant à amplifier l’information et à vulgariser au maximum les procédures de l’état civil auprès de leurs administrés.
Des défis majeurs qui plombent le système
Le diagnostic posé lors du bilan 2023-2025 met en lumière une série de difficultés structurelles, culturelles et économiques qui freinent l'accès des citoyens à leurs droits fondamentaux :
Le facteur culturel et linguistique : L'analphabétisme et la barrière de la langue rendent complexes l'appropriation des démarches.
Le manque de civisme et d'information : On note une méconnaissance généralisée des procédures administratives, ce qui entraîne des déclarations très tardives des naissances et des décès, ainsi que la fourniture de dossiers incomplets (insuffisance des pièces exigées).
La réticence au changement : Les populations manifestent encore un faible recours aux nouveaux actes sécurisés de l'ANIP.
L'obstacle financier et archivistique : Les difficultés financières chroniques des ménages bloquent l'établissement de certains actes. De plus, l'absence de souches pour les anciens actes complique la reconstitution des carrières administratives des citoyens.
Cap sur 2026-2027 : La thérapie de la municipalité
Pour inverser la tendance, l'administration Eskil Tchikpè déploie une feuille de route ambitieuse pour le bien-fondé de la biennale 2026-2027. Les grandes lignes de ces perspectives d'amélioration s'articulent autour de cinq axes majeurs :
Sensibilisation de masse : Renforcer l’information de proximité sur l’importance vitale de déclarer chaque événement de la vie (naissance, mariage, décès).
Modernisation de l'accueil : Améliorer l’accueil des usagers, réduire drastiquement les délais de délivrance et rehausser la qualité globale du service rendu.
Renforcement des capacités et du cadre de travail : Former les agents communaux à l'état civil et moderniser leurs équipements ainsi que leur environnement de travail.
Virage numérique : Poursuivre la dématérialisation des registres et développer des e-services facilement accessibles aux populations.
Suivi-évaluation : Mettre en place un mécanisme rigoureux de suivi pour veiller à l'application stricte des recommandations issues de cette session.
Cette session de reddition de comptes aura eu le mérite de poser un diagnostic sans complaisance. Le défi est désormais lancé aux "ambassadeurs" de Toviklin pour que l'état civil ne soit plus perçu comme un luxe ou un parcours du combattant, mais bien comme un service public de proximité accessible à tous.
Les populations sidérées sont reparties très heureuses.
Hilbert EDAH
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