Face aux chiffres alarmants des violences basées sur le genre (VBG) enregistrés l'année dernière dans le département du Couffo, l'Antenne Départementale de l'Institut National de la Femme (INF) est passée à l'offensive. Ce jeudi 18 juin 2026, une grande séance de sensibilisation s'est tenue à la salle de réunion de l'arrondissement central de Toviklin. Objectif : armer les femmes contre le fléau des violences et leur faire connaître les nouvelles lois qui les protègent.
Le tableau est sombre, pour ne pas dire glaçant. Selon les données de la plateforme SIDoFFE-NG, le département du Couffo a enregistré de janvier à décembre 2025 un nombre critique de violences faites aux filles et aux femmes. 995 cas de violences psychologiques, 415 cas de violences physiques, 148 cas de violences économiques, 62 cas de grossesses précoces, 26 mariages précoces, 19 viols et 10 cas de violences sexuelles
Malgré l’arsenal juridique existant en République du Bénin, les femmes et les filles restent majoritairement les victimes de ces abus au quotidien. Consciente de l'urgence d'agir, l’Antenne Départementale de l'INF a décidé d'aller au contact des populations à la base.
Toviklin, première étape d'une tournée salvatrice
C’est la commune de Toviklin qui a accueilli ce jeudi la première brique de cette campagne de sensibilisation. Devant un public composé massivement de femmes membres de divers groupements, Véronique Atcho, représentante de l'Antenne Départementale de l'INF dans le Couffo, a exposé sans détour les réalités statistiques du département. Elle était épaulée pour la circonstance par sa consœur Estelle Thoto, agent du Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS) de Toviklin.
Ensemble, les deux communicatrices ont rappelé la genèse, les attributions et le fonctionnement de l’Institut National de la Femme (INF). L'accent a été mis sur la rupture voulue par les autorités béninoises : la peur et le silence doivent impérativement changer de camp.
Briser le silence : Les mécanismes de dénonciation expliqués
L'un des moments forts de cette rencontre a été l'explication des différentes formes de violences (parfois minimisées ou confondues avec des pratiques culturelles) et la présentation des voies de recours. Véronique Atcho a insisté sur le rôle de l'INF en tant que bouclier institutionnel et juridique pour la femme béninoise.
> « Les lois ont changé en République du Bénin. Être victime n'est plus une fatalité, et se taire revient à devenir complice du bourreau », a-it-on rappelé durant les échanges.
Les femmes présentes ont été outillées sur les mécanismes de dénonciation et la manière de saisir la justice ou l'INF en cas de violation de leurs droits. L'ambition est claire : contribuer efficacement à la réduction des VBG et éliminer toutes les formes de discrimination dans le Couffo.
Le cap mis sur Doko
Cette campagne de proximité ne s'arrête pas en si bon chemin. Après le succès de l'étape de Toviklin, la délégation de l'Antenne Départementale met le cap dès demain sur l'arrondissement de Doko. Le même exercice y sera mené pour que, de commune en commune, le message de tolérance zéro face aux violences résonne dans tout le département.
Hilbert EDAH
1 commentaire
Très bonne action pour bannir à jamais les VBG; bonne suite à l'INF