Le Président Ilarion Kingnon dresse un bilan alarmant de l'état de la presse
Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « L’Invité du Dimanche » d’Eden TV, Ilarion Kingnon, président de la PADeM-Bénin, a dressé un bilan alarmant de la situation de la presse béninoise. Face à une précarité devenue intenable, il appelle le gouvernement à actionner d'urgence le Fonds d’Appui au Développement des Médias (Fadem).
« Le Fonds d’Appui au Développement des Médias (Fadem) n’est plus une option, c’est une urgence vitale. » C’est par ce cri du cœur et de raison qu’Ilarion Kingnon, président de la Plateforme des Promoteurs et Acteurs pour le Développement des Médias au Bénin (PADeM-Bénin), a résumé le sentiment d'asphyxie qui gagne les rédactions du pays.
Un diagnostic sans concession : « Le tableau est sombre »
Invité à décrypter la vie des médias sous la gouvernance actuelle, notamment sous l’égide économique du gouvernement, le président de la PADeM-Bénin n'a pas mâché ses mots. Le constat est sans appel : la presse béninoise traverse l'une des décennies les plus rudes de son histoire.
> « La presse fait partie des entités reléguées au second rang depuis une décennie. Le tableau est sombre et le risque de déchéance est évident. Le journaliste ne vit plus de son métier », a-t-il asséné avec gravité.
La liste des symptômes de cette crise est longue et visible au quotidien : disparition progressive des conférences de rédaction, absence totale d’aide publique à la presse et suppression drastique des contrats de communication au sein des ministères. Pour Ilarion Kingnon, le verdict est direct : « le métier est désacralisé ». Cette situation entraîne une précarité généralisée des professionnels des médias, des entreprises de presse exsangues et, par ricochet, une chute libre de la qualité de l’information proposée aux citoyens.
Le Fadem, la clé de la renaissance
Face à ce qu’il qualifie de « descente aux enfers », le leader de la PADeM-Bénin ne se contente pas de critiquer ; il brandit une solution concrète et légale : le Fadem. « Nous avons intérêt à travailler pour que la presse renaisse de ses cendres. Si on arrive à mettre en place le Fonds d’Appui au Développement des Médias, la presse va retrouver ses lettres de noblesse », a-t-il plaidé.
Pour la PADeM-Bénin, ce fonds doit rapidement devenir le levier d'une presse de qualité, articulé autour de deux piliers majeurs : L'accès équitable à la commande publique et à la publicité, afin d'oxygéner une presse privée aujourd'hui financièrement asphyxiée.L’autonomie financière des entreprises de presse, jugée comme la condition *sine qua non* de leur indépendance éditoriale. « Il faut que la presse puisse jouir de son autonomie », a insisté M. Kingnon.
Saisir la main tendue du gouvernement
Malgré la noirceur du tableau, une lueur d’espoir transparaît. Le retour récent d’un ministère pleinement dédié à la Communication au sein de l’attelage gouvernemental est perçu par la plateforme comme un signal politique fort.
« Le gouvernement veut poser des actes forts », veut croire le président de la PADeM-Bénin. Ilarion Kingnon appelle désormais l’ensemble des acteurs des médias et de l'exécutif à transformer ce signal en opportunité concrète et à accompagner activement cette dynamique pour sauver le quatrième pouvoir en République du Bénin.
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